Une rose sur trois vendues sur le marché de l’UE provient du Kenya. La production de roses y est une source de revenu pour environ 2 millions de personnes. La majorité de la main d’œuvre du secteur horticole sont des femmes, souvent issues de milieux pauvres où l’accès à l’éducation est rare, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Les journées de travail ont souvent entre 8 et 12 heures, pour gagner à peine 1 dollar par jour. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le bilan environnemental des roses en provenance des pays du Sud est meilleur que celui des roses cultivées en Europe. Malgré les longs chemins de transport, les roses d’Afrique sont cultivées dans un climat favorable, contrairement aux roses cultivées en Europe dans des serres chauffées et sous lumière artificielle.

 

 

 

Empreinte carbone des fleurs: gare aux idées reçues

Selon une étude (2018) de la société de conseil en évaluation du cycle de vie treeze Ltd, les roses produites dans les fermes horticoles kenyanes dégagent 5,5 fois moins de CO2 que celles produites aux Pays-Bas, transport compris. Au Kenya, les roses prospèrent dans un environnement idéal, où aucun chauffage n'est nécessaire.

 

1. Les grands défis de la filière des fleurs  

De mauvaises conditions de travail

Dans les exploitations de roses au Kenya, en Équateur ou en Colombie, les conditions de travail ne répondent pas toujours aux standards requis : journées très longues (en moyenne 52 heures par semaine), mauvaises conditions sanitaires, exposition récurrente à des produits chimiques nocifs sans vêtements de protection. La forte utilisation de produits chimiques toxiques peut, en cas d’absence de vêtements de protection, avoir des conséquences à long terme sur la santé, comme l’asthme, les irritations cutanées et même les fausses couches. Par ailleurs, les droits d'association et de négociation collective, ainsi que la liberté syndicale, sont peu respectés. L’influence de syndicats existants est souvent faible. Le niveau de formation des travailleurs est également faible, ils connaissent rarement leurs droits en tant qu'employés et ignorent les risques de l'utilisation abondante de pesticides et autres produits chimiques.

La position des femmes

Les femmes, qui cueillent les roses et travaillent dans les halles d'emballage, représentent environ la moitié des personnes travaillant dans les exploitations floricoles. Nombre d'entre elles sont des mères célibataires. Fairtrade s’engage pour l’égalité d’accès aux postes de direction, encourage une participation active des femmes dans les comités des travailleurs et renforce le pouvoir économique des femmes. La protection sociale joue également un rôle important, notamment prohibant le licenciement d’une femme enceinte.

Des revenus insuffisants et incertains pour les travailleurs

Le pouvoir de négociation des petits producteurs est faible.

Dans les pays du Sud, la culture des roses est assurée par de grandes et moyennes plantations qui mobilisent pour la culture, la récolte, la taille et l'emballage, une main d'œuvre abondante constituée en grande partie de travailleuses et travailleurs qui eux-mêmes ne possèdent aucune terre. L'industrie floricole est un marché très compétitif. Pour répondre aux attentes des acheteurs, en particulier en Europe où se concentre la moitié de la consommation mondiale, les détaillants ne cessent de baisser leurs prix. Cette tendance, qui a des répercussions sur l'ensemble de la chaîne d’approvisionnement, exerce une pression importante sur les salaires : au Kenya, par exemple, le salaire médian est de 83 $ par mois. Le temps de travail hebdomadaire moyen est de 52 heures et des contrats de travail sont rarement établis. Les propriétaires d’exploitation échappent ainsi au versement des prestations sociales prévues par la loi.

Le changement climatique

De forts déséquilibres écologiques

La culture des roses et des fleurs en général nécessite de grandes quantités d'eau, parfois au détriment des populations locales. De plus, étant donné que les importateurs et consommateurs exigent des roses impeccables, le recours aux pesticides, fongicides et engrais de synthèse est plus élevé dans l'industrie floricole que dans tout autre secteur agricole. Ce recours massif aux intrants chimiques entraîne une forte pollution des sols et des réseaux hydriques. 

⇒ Utilisation de produits phytosanitaires en partie toxiques

Un bouquet de roses peut contenir jusqu'à 20 sortes de pesticides. C'est le résultat d'une enquête du magazine "Öko-Test" (édition 5/2017) sur 14 bouquets de roses. 56 substances différentes telles que des fongicides et des insecticides ont été trouvées, dont certaines sont interdites en Allemagne. Cela ne représente certes pas un danger immédiat pour les acheteurs européens mais c’est un risque pour les producteurs et productrices s’ils ne sont pas suffisamment protégés.

 

 

2. Quels sont les principaux standards relatifs à la filière de la rose équitable ?

Des salaires plus élevés et plus sûrs pour les travailleurs et travailleuses

Les salaires doivent respecter au minimum la référence la plus exigeante existante pour le secteur (salaire minimum légal national, convention collective du secteur ou encore niveau de salaire minimum officiellement reconnu dans le pays pour ce type de fonction). Si aucune de ces références n’est supérieur au seuil d’extrême pauvreté de la Banque Mondiale (équivalent à 1,90$/jour), c‘est au minimum 1,90$/jour qui doit être respecté. Afin de lutter contre la précarité de l'emploi, tout travail régulier doit être exécuté par un travailleur permanent.

Vous pouvez consulter le prix minimum pour les fleurs et la prime de développement sur le site de ⇒Fairtrade International.

La prime de développement, outil central du commerce équitable, s'élève à 10 % de la valeur des exportations. Elle est versée par les acheteurs en plus du prix des fleurs. Les travailleurs et travailleuses déterminent son utilisation en toute autonomie, par le biais d'un comité élu. Cela renforce la responsabilité de chacun et les projets choisis profitent à l'ensemble de la communauté.

Vous pouvez consulter la prime de développement sur le site de Fairtrade International.

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L'égalité des sexes

Des mesures spécifiques pour les femmes : le renforcement économique des femmes est promu, tout comme l'égalité d'accès à la formation et aux soins médicaux. La protection de la maternité, avec notamment l’interdiction de licencier une femme parce qu’elle est enceinte.

Lisez le "Monitoring Report 10th edition" des roses Fairtrade

Des critères environnementaux stricts favorisent une agriculture durable

L'environnement est l'un des piliers essentiels du commerce équitable. Le but est à la fois de préserver les ressources naturelles, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et aussi s’adapter aux effets du changement climatique grâce aux critères des cahiers des charges, aux investissements réalisés via la prime de développement et à des programmes spécifiques :

⇒Les intrants naturels sont privilégiés et les pesticides utilisés de façon raisonnée. L'utilisation des substances chimiques les plus dangereuses est interdite, ainsi que le recours aux OGM. Les fermes floricoles Fairtrade utilisent des méthodes de culture telles que l’irrigation goutte-à goutte, l’utilisation de l’eau de pluie et le recyclage des eaux usées.

Utilisation de la prime Fairtrade dans les organisations de petits producteurs et la prime Fairtrade en relation avec les ODD

3. L'impact Fairtade: la différence Fairtrade dans la filière floricole

 

Le programme « Flower Enhancement », mis en œuvre par Fairtrade Africa, a pour but d’appuyer les travailleuses et travailleurs des plantations de fleurs d’Afrique de l’Est (Kenya, Ethiopie, Tanzanie et Ouganda). Le programme a permis de former près de 10 000 aux garanties environnementales du cahier des charges Fairtrade. Plus de 600 travailleuses et travailleurs et managers de 15 plantations ont été sensibilisés à la lutte contre les discriminations de genre. En Ethiopie, 170 représentants de travailleuses et travailleurs de 40 plantations ont été formés à la négociation salariale, ce qui a contribué à la mise en place d’un salaire minimum de 1 450 Birr (monnaie éthiopienne) dans les plantations certifiées contre 950 Birr dans la filière conventionnelle.

Au Kenya

Dans la grande ferme horticole de Bigot Fleurs, qui emploie un millier de personnes, obtenir la certification Fairtrade a demandé de changer beaucoup de choses par rapport à la législation en vigueur. Grâce au commerce équitable, près de 75 % des travailleurs sont membre du syndicat local. Ils décident eux-mêmes de l’utilisation de la prime de développement – sans que la direction n’intervienne. La moitié des primes sert à financer des bourses. Tous les employés reçoivent une aide financière pour payer les droits de scolarité de leurs enfants.

Dans la région de Naivasha, plusieurs fermes floricoles certifiées Fairtrade se sont regroupées afin de financer un grand projet. C’est ainsi qu’elles ont pu construire la maternité de Naivasha il y a cinq ans. Depuis, 14 000 bébés y ont vu le jour. Il s’agit d’un progrès significatif pour la région. Plus de la moitié des employés du secteur floricole sont des femmes. Leur accès aux soins de santé s’est énormément amélioré. En outre, la ferme Bigot Fleurs a mis en place un programme de soutien pour les personnes séropositives.

En Équator

La ferme Agrogana a été créée en 1999 dans la région de Cotopaxi, zone reconnue sur le marché international pour la qualité de ses fleurs. Alors qu'elle concernait 3 hectares au début de l'aventure, la culture des roses s'étend désormais sur 22 hectares. Depuis sa certification Fairtrade en 2003, la ferme accompagne ses 218 employés dans la mise en place de projets financés par la prime de développement :

• Construction du Centre d'Études, où les enfants des travailleurs et de la communauté peuvent assister à des cours d'anglais et des cours de mathématiques.

• Attribution de bourses d'éducation pour les enfants des employés (190 d'entre eux en ont bénéficié en 2015) et les employés eux-mêmes, qui peuvent ainsi reprendre leurs études.

• Tous les trois mois, la ferme achète en gros des produits de première nécessité pour les travailleurs. Cela leur permet de ne pas investir eux-mêmes et surtout d'obtenir des tarifs avantageux.

4. Quelques chiffres sur les roses équitables au Luxembourg....

Avec une part de marché de 38 %, la rose Fairtrade devient le produit phare du commerce équitable au Luxembourg ! Les consommateurs luxembourgeois sont plus que fidèles à la reine des fleurs Fairtrade avec une progression de 64 % en 2018.

⇒Consultez notre factsheet sur les roses Fairtrade

...et dans le monde

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