Communiqué de presse ONGD Fairtrade Lëtzebuerg : La progression équitable continue au Luxembourg !
Le commerce équitable franchit le cap des 60 millions d’euros
En 2026, les effets du changement climatique se font durement sentir jusque dans les champs des agriculteurs européens, confrontés à des sécheresses successives. Pour les producteurs du Sud global, ces bouleversements ne sont pourtant pas nouveaux : ils y font face depuis des années. Pour Jean-Louis Zeien, président de l’ONGD Fairtrade Lëtzebuerg, « le fait que le commerce équitable ne se confirme pas seulement, mais continue de se développer est une bonne nouvelle pour les producteurs du Sud global. Depuis des années, ils sont effectivement directement impactés par les effets du changement climatique et doivent s’adapter au quotidien pour continuer à produire une grande partie des matières premières que nous retrouvons dans nos assiettes. La progression du commerce équitable montre que les consommateurs au Luxembourg contribuent concrètement à donner aux producteurs de meilleurs moyens pour faire face aux crises, investir dans leurs communautés et renforcer leur capacité d’adaptation au changement climatique ».
Avec 90 euros dépensés par habitant, le Luxembourg se situe parmi les marchés Fairtrade les plus engagés au niveau mondial. La Suisse reste la référence internationale avec 119 francs suisses par habitant, soit environ 127 euros, tandis que la dépense observée en Allemagne (37 euros), en Belgique (29 euros) et en France (22 euros) est inférieure à celle enregistrée au Luxembourg.
L’offre équitable n’a jamais été aussi diversifiée au Luxembourg : 6 572 références certifiées Fairtrade sont aujourd’hui recensées sur le marché. Ce chiffre englobe les produits proposés dans les Boutiques du monde, la grande distribution et les commerces spécialisés, mais aussi les références disponibles en ligne, les produits saisonniers et les articles destinés au secteur professionnel (BtoB). Il reflète ainsi l’ampleur et la diversité de l’offre Fairtrade accessible aux consommateurs et aux entreprises au Luxembourg.
En 2025, l’ensemble des ventes de références certifiées Fairtrade réalisées par les partenaires de l’ONGD Fairtrade Lëtzebuerg représente un chiffre d’affaires estimé à 61,4 millions d’euros, contre 57,2 millions en 2024 et 52,3 millions en 2023, soit une hausse de 17 % en deux ans.
L’or et l’or blanc : deux filières qui ont particulièrement marqué l’année
L’or Fairtrade enregistre la progression la plus marquante : les ventes se sont quintuplées, notamment sous l’effet de la décision de la Banque et Caisse d’Épargne de l’État de proposer exclusivement des lingots Fairtrade dans les formats de 5 et 10 grammes.
La campagne « Rethink Your Clothes », mandatée par la Coopération luxembourgeoise et mise en œuvre par l’ONGD Fairtrade Lëtzebuerg en 2025, semble avoir contribué à une dynamique positive en faveur d’une consommation textile plus responsable. Cette évolution se reflète notamment dans les ventes de coton Fairtrade, en forte progression de 102 % par rapport à 2024, pour atteindre près de 126 tonnes. Cette croissance a notamment été soutenue par une opération ponctuelle menée avec le partenaire Cactus autour des textiles de maison.
Ces deux exemples montrent parfaitement que lorsqu’une entreprise ou une collectivité décide de choisir des produits Fairtrade, elle contribue directement à créer des débouchés pour les producteurs du Sud global et à renforcer les conditions qui leur permettent de vivre dignement de leur travail.
Les filières alimentaires historiques restent elles aussi dynamiques. Le cacao reste un produit phare du commerce équitable au Luxembourg, avec 704 tonnes de cacao Fairtrade utilisées en 2025, soit une progression de 15 %. Ce volume ne se limite pas aux traditionnelles tablettes de chocolat : le cacao entre dans la composition d’une grande variété de produits chocolatés disponibles sur le marché luxembourgeois, des pralines au lait chocolaté, en passant par les croissants, glaces et produits saisonniers pour Pâques et la Saint-Nicolas.
La banane confirme, quant à elle, son fort ancrage dans les habitudes de consommation avec 2 353 tonnes commercialisées en 2025 (+3 %). Au Luxembourg, une banane sur trois consommée est Fairtrade. Une proportion particulièrement élevée à l’échelle européenne : en Belgique, à titre de comparaison, elle est d’environ une sur cinq. La filière se distingue également par son lien étroit avec l’agriculture biologique, 87 % des bananes Fairtrade commercialisées au Luxembourg étant aussi certifiées biologiques.
Le commerce équitable, un levier de transformation face à l’instabilité
Ces résultats encourageants ne doivent toutefois pas masquer la fragilité persistante de nombreuses filières agricoles. En plus des impacts négatifs du changement climatique sur les filières agricoles, ces dernières années ont été marquées par une volatilité exceptionnelle des marchés du café et du cacao. Les cours mondiaux du cacao, qui avaient atteint un pic d’environ 12 000 dollars la tonne en 2024, sont retombés sous les 6 000 dollars fin 2025. Le café a connu des mouvements similaires : après avoir atteint un niveau record en février 2025, l’indicateur de référence de l’Organisation internationale du café avait reculé d’environ 14 % entre février et décembre. Derrière ces fluctuations se conjuguent aléas climatiques, tensions sur l’offre, hausse des coûts de production et incertitudes sur les marchés mondiaux.
Pour les producteurs, des cours élevés ne signifient pas nécessairement des revenus durablement plus élevés. C’est précisément face à cette instabilité que les mécanismes du commerce équitable prennent tout leur sens. Le Prix Minimum Fairtrade agit comme un filet de sécurité lorsque les cours chutent, tandis que la Prime Fairtrade apporte aux organisations de producteurs des ressources supplémentaires qu’elles choisissent collectivement d’investir selon leurs priorités.
Au-delà de ces mécanismes, le commerce équitable constitue un levier de transformation des chaînes de valeur : il contribue à sécuriser les revenus, à accompagner des modes de production plus résilients, à renforcer les droits humains et environnementaux et à favoriser une meilleure répartition de la valeur. Il rapproche ainsi les réalités des producteurs des choix des consommateurs, des engagements des entreprises et des politiques d’achat des collectivités.
Une dynamique collective
Au Luxembourg, le commerce équitable s’appuie également sur une mobilisation qui dépasse le seul acte d’achat. Entreprises, distributeurs, communes, écoles, associations et citoyens contribuent à l’ancrer dans la vie économique et sociale du pays. Fin 2025, 32 entreprises détenaient une licence Fairtrade, 38 communes étaient engagées dans le programme « Fairtrade Gemeng » et 27 établissements étaient engagés dans le programme « Fairtrade School ». Des politiques d’achat aux actions d’éducation et de sensibilisation, ces engagements montrent que le commerce équitable est aussi un mouvement de société. Un socle sur lequel l’ONGD Fairtrade Lëtzebuerg souhaite continuer à construire dans les années à venir.
« Le Luxembourg dispose aujourd'hui d'un atout majeur : 96 % de la population a déjà entendu parler du commerce équitable Fairtrade. Cette forte notoriété montre que les valeurs du commerce équitable sont largement partagées. Notre défi pour les prochaines années sera alors de renforcer le lien entre ces convictions et les choix du quotidien. Dans le cadre de notre nouveau programme d’éducation à la citoyenneté mondiale intitulé « Vers des futurs soutenables », mené ensemble avec la Fondation Partage et Le Soleil dans la Main, il ne s'agira plus seulement de faire connaître Fairtrade, mais de permettre à chacun de traduire davantage ses valeurs en actes et d’ancrer ses engagements dans le long terme. C'est cette cohérence entre nos convictions et nos choix quotidiens qui permettra de construire une consommation plus responsable, équitable et durable. »
Face aux révélations récurrentes de violations des droits humains dans les chaînes d’approvisionnement, Jean-Louis Zeien souligne non seulement la nécessité, mais également l’urgence d’agir pour rompre le cercle de la pauvreté et permettre aux populations les plus vulnérables de faire valoir leurs droits et de vivre dignement de leur travail. « Derrière chaque produit se trouvent des femmes et des hommes qui doivent pouvoir vivre dignement de leur travail, faire respecter leurs droits fondamentaux et préserver leur environnement. Le commerce équitable montre qu’il est possible de construire des chaînes d’approvisionnement plus justes, qui placent les personnes et la planète au cœur des échanges. »
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