UCA SOPPEXCCA, Nicaragua

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UCA SOPPEXCCA, Nicaragua

UCA Soppexcca ist eine Vereinigung von Kaffeekooperativen von Kleinbauern in Nicaragua. Lucie Wirion verbrachte im Jahr 2015 als Freiwillige fünf Monate vor Ort und präsentiert an dieser Stelle die Projekte von Soppexcca unter drei Aspekten:

Tiendas de consumo: soziale Lebensmittelgeschäfte

Épiceries solidaires avec soutien luxembourgeois

Épiceries solidaires avec soutien luxembourgeois

Les épiceries sociales offrent des alternatives pour les jeunes des communautés de production de café au Nicaragua.

Le projet des Coopératives de Consommation (« Tiendas de Consumo ») de Soppexcca a commencé en 2011 avec deux épiceries établies dans deux communautés associées a Soppexcca, La Perla et La Paz del Tuma, suivies d'une troisième dans la communauté Los Alpes. Entretemps, avec le succès des trois premières, Soppexcca a pu ouvrir une quatrième épicerie dans la communauté Santa Rosa et planifie l'ouverture d'une cinquième prochainement. Comme les épiceries s'autofinancent et produisent même un surplus pour leur permettre la mise en place de nouvelles boutiques et l'accès aux produits de qualité pour les habitants d'autres communautés.

Les épiceries sociales et solidaires apportent une aide principalement alimentaire aux habitants des communes fragiles dépendants de la production de café. A travers ces magasins les gens ont accès aux produits de base, sans devoir marcher souvent de longues distances jusqu'au supermarché le plus proche. En plus, les épiceries maintiennent uniquement des produits de base, qui sont inclus dans une alimentation saine et n'offrent aucun dérive de produit pouvant endommager la santé tel l'alcool, le tabac et autres produits peu nutritifs. Ainsi le projet apporte non seulement à la sécurité alimentaire des habitants de la commune, mais en même temps vise à lutter contre une alimentation malsaine et à améliorer l'éducation alimentaire.

No al consumo de productos de chatarra – Non aux produits de malbouffe

No al consumo de productos de chatarra – Non aux produits de malbouffe


L'alimentation est un angle d'approche direct de l'action sociale : le manque de nourriture est l'un des stigmates les plus visibles de la pauvreté dans la mesure où le repas est un symbole de convivialité et de partage. L'exclusion économique s'accompagne souvent d'isolement, de fragilité morale, ou de perte de confiance. La contribution financière participe au sentiment de dignité des personnes et de leur liberté de choix. La qualité et la variété des produits proposés contribuent à valoriser l'estime collective. L'ambition d'une offre alimentaire participative, aussi proche que possible des circuits de consommation traditionnels est la promotion de l'autonomie des individus et leur insertion durable.

Grâce au faible coût des produits de consommation courante, une part plus importante du budget peut être consacrée à un projet communal ou une amélioration de la vie quotidienne : éducation pour les enfants, amélioration des conditions de vie, de travail, amélioration globale alimentaire ou simplement mieux manger.

Un autre aspect important du projet est la génération d'emplois : les épiceries génèrent des emplois pour les jeunes, enfants de producteurs de café associés à Soppexcca. Pour diversifier le travail des habitants de la production de café, Soppexcca offre des formations aux jeunes pour leur permettre de travailler dans d'autres domaines, dont la gestion, le barrisme, la production de cacao, de miel ou de bijoux. Souvent sans vision de futur, ce défi leur donne une nouvelle perspective et leur aide à restaurer l'estime de soi.

Avec cette nouvelle responsabilité, en tant que gérant d'une épicerie ou barriste dans une cafeteria, ils gagnent en expérience et servent de modèle à l'intérieur de leur communauté. Le surplus de revenus garantit à toute la famille une stabilité de conditions de vie dignes en périodes hors de la vente de café. A travers un modèle de fonctionnement participatif, Soppexcca encourage surtout les jeunes et les femmes à trouver leur place dans une société machiste.

Kaffeeernte: von der Plantage in die Tasse

De la tasse à la plante de café

De la tasse à la plante de café

La récolte de café a commencé – Lenner se prépare pour rentrer...

C'est l'automne, bientôt la récolte de café va commencer. Au Nord du Nicaragua, les producteurs de café se préparent pour travailler dans les collines inclinées. La presse nicaraguayenne prévoit que la récolte de café créera cette année 400 000 emplois dans le pays, soit une augmentation de 50 000 emplois au-dessus de la moyenne. Cette croissance se profile en accord avec les bonnes prévisions concernant la production de ce produit qui s'exporte dans le monde entier.

Dans ce contexte, le jeune Lenner qui travaille depuis presque 2 ans dans la cafeteria de Soppexcca à Jinotega, va bientôt laisser son travail de barriste pour aider son père dans sa ferme de plantations de café située à 28km de la ville, dans la communauté Los Alpes. Le département de Jinotega, avec la ville connue comme capitale de café, produit 80% du café qui s'exporte surtout aux Etats-Unis et en Europe. Comme grand nombre d'autres jeunes filles et fils de producteurs de café associés à Soppexcca, l'union de coopératives de production de café équitable, Lenner a pu profiter de plusieurs formations offertes par la coopérative pour diversifier ses possibilités de travail et pour générer d'autres sources de revenus pour des familles souvent exclusivement dépendantes du café.

De la tasse à la plante de café

« C'est la crise » dit Lenner. Avec la rouille, maladie qui touche les végétaux, qui a atteint la majorité de leurs plantes l'année passée, la production a tragiquement baissé et comme disent les producteurs: « Quand les plantes souffrent, les familles en souffrent aussi ». D'autant plus que, dépendant du marché global du café, le prix du café est en baisse constante ces dernières années. Les coûts de production, eux, sont en hausse, ce qui explique la gravité de la situation des petits producteurs vivant souvent dans des conditions précaires. Malgré les avantages du commerce équitable qu'ont les producteurs associés à Soppexcca, tel que le prix minimum garanti et le droit au crédit, les producteurs ont bien senti les conséquences de la crise, surtout en termes de maintenance de leurs terres et de leurs familles. Même si Soppexcca les a soutenus le mieux possible, en leur offrant des paquets d'alimentation et de nouvelles plantes, les familles n'ont pas pu éviter de devoir s'abstenir de petits luxes comme la viande dans leurs repas ou la boîte de jus qu'ils ont l'habitude d'offrir aux enfants.

De la tasse à la plante de café

Cette année, malgré le prix encore plus bas que l'année passée, les plantes, avec l'appui technique et financier de Soppexcca, ont pu récupérer et la production paraît prometteuse. En réponse à la crise, les petits producteurs ne se laissent pas démotiver et s'adaptent aux conditions en travaillant davantage.

Grandissant dans une famille de 8 enfants, Lenner a appris à travailler dans le café depuis son plus jeune âge. Aujourd'hui, avec ses frères et sœurs majeurs mariés et engagés dans d'autres fermes de café, il n'y a plus que son petit frère à la maison et l'appui de Lenner est indispensable. D'autant plus que son père et sa mère ne sont actuellement pas en bonne santé, Lenner, avec 4 travailleurs permanents et jusqu'à 25 travailleurs temporaires pour la récolte, va être en charge de couper, fermenter, laver et sécher le café. Les jours vont être longs et le travail dur mais les caféiculteurs s'habituent rapidement à ce changement annuel.

L'appui financier qu'apporte Lenner à sa famille avec son petit salaire en tant que barriste est important, mais son soutien physique sur le terrain l'est encore davantage. Très reconnaissant d'occuper ce poste, il considère pourtant moins l'argent que les privilèges comme indispensables. Le droit au crédit, l'appui en cas de problèmes de santé, les formations ne sont que quelques exemples des avantages dont lui et ses parents en tant que membres de la coopérative bénéficient. Bien qu'il ait l'air préoccupé pour son remplacement pendant son absence de 4 mois, Lenner se réjouit de partir. Il aime bien le travail et la vie sur le terrain où il vécu jusqu'à ses 20 ans et il voit son futur en tant que petit producteur de café.

Die Rolle der Frau in der Kooperative Soppexcca

Impact d'une organisation sur le rôle des femmes...

Impact d'une organisation sur le rôle des femmes

... dans une société machiste.

SOPPEXCCA est un nom bien connu dans l'industrie du café du Nicaragua. Dirigé par une femme charismatique, directrice générale Fatima Ismaël, l'organisation a joué un rôle important en aidant les agriculteurs à acquérir des titres féminins affiliés à la terre et à produire, gérer et commercialiser leur propre café. Les femmes représentent presque 40% des membres de l'organisation et occupent des rôles importants dans le conseil d'administration participant aux discussions décisives prégnant lieu dans un petit cadre.

La première organisation à avoir une politique de genre au Nicaragua, Soppexcca sert de modèle pour les organisations qui veulent suivre cette ligne. Conceptualisé dans un processus participatif, la politique de l'égalité des sexes a été effectuée dans un travail de réflexion entre femmes et hommes membres jusqu'à la préparation d'une proposition de politique qui a été approuvé par l'Assemblée générale des membres. Employée dans les communes cibles à travers des efforts de sensibilisation, la politique a influencé le comportement des associés, les rôles dans la famille et les habitudes dans les communes.

Impact d'une organisation sur le rôle des femmes

Par conséquent, les productrices membres de Soppexcca se sont réunies en groupe « Las Hermanas », par lequel les femmes produisent et commercialisent leur propre café. Le café Las Hermanas produit exclusivement par les femmes membres de l'organisation non seulement valorise et renforce le rôle de la femme dans cette société machiste, mais leur donne aussi une certaine autonomie économique nécessaire pour ces femmes souvent mères solitaires. Les bénéfices provenant de la vente du café sont investis, à travers la prime du commerce équitable, dans des projets communaux, tel que la prévention du cancer du col, bénéficiant directement aux femmes dans les coopératives et à leurs familles. Autre instrument important qu'apporte l'organisation à l'autonomisation des femmes est l'accès au crédit pour tous les membres, leur permettant d'acheter leur propre terre ou de les assurer en périodes difficiles.

Impact d'une organisation sur le rôle des femmes

« L'indépendance d'une femme ne peut être atteint que grâce à l'autonomie économique et la sensibilisation », dit Fatima.

En plus d'appuyer les productrices membres, Soppexcca cherche aussi à soutenir les femmes travaillant temporairement dans le traitement du café. Souvent employées que pendant la période de récolte du café, les mères célibataires n'ont qu'un revenu fixe pendant ces 4 mois. Le reste de l'année elles essaient de se procurer suffisamment de revenus pour prendre soin de leurs enfants. Pour avoir plus de stabilité, les femmes, avec l'appui de l'organisation, se sont organisées pour ouvrir une épicerie communale, qui offre des produits de base, leur permettant de recevoir des revenus pendant l'année entière. Dans ce contexte, dix des femmes employées dans le séchage de café de Soppexcca viennent de participer à un échange avec une coopérative multisectorielle de produits de sésame composée majoritairement de femmes. Dans le but de les inspirer de nouvelles initiatives génératrices de revenus, telle que la fabrication de biscuits de sésame, les employées de Soppexcca pourraient non seulement tenir une source de revenus supplémentaire mais aussi gagner en estime de soi pour gestion d'une aptitude additionnelle.

Impact d'une organisation sur le rôle des femmes

Cependant l'autonomisation des femmes n'est qu'une partie de la lutte de Soppexcca pour une société plus égalitaire entre les sexes. Fatima Ismaël considère que « pour la stabilité de la famille, nous devons changer la mentalité des femmes mais aussi des hommes » et souligne l'importance de travailler ensemble, hommes et femmes, pour atteindre cet objectif. Dans ce contexte, Soppexcca organise des ateliers de masculinité pour les jeunes fils des associé(e)s de l'organisation pour les sensibiliser aux thèmes autour du genre et mettre en question le machisme. Dans une seconde étape les garçons vont être accompagnés des filles pour montrer d'autant plus que les deux rôles sont complémentaires et que le comportement de l'un a un effet direct sur l'autre. « Moi comme femme je peux aussi être multiplicatrice du machisme » explique la gérante en insistant sur l'importance de la sensibilisation dès le plus jeune âge.

Grâce au travail appliqué de Soppexcca dans la construction de l'égalité et l'équité entre les hommes et les femmes organisées dans les 16 coopératives, l'organisation vient de gagner une certification valorisant son travail exemplaire.